CHAPITRE III

 Les principaux points de rencontre entre le Coran et l'Evangile [Retour]

 Le principal témoignage du Coran en faveur de l’Evangile est la certification que Jésus est vraiment le Messie. Si le Coran n’avait pas attesté cette vérité évangélique fondamentale, il n’aurait été ni sincère ni véridique. Ce témoignage a confondu les Juifs et suscité leur haine contre Muhammad, d’autant plus que le Coran se présente comme une confirmation du message évangélique dans sa totalité. Or, l’Evangile est un livre banni par les Juifs.

Si le Coran avait affirmé que Jésus n’est pas le Messie, les Juifs n’auraient pas combattu Muhammad et cela aurait justifié leur attente d’un Messie sioniste connu dans l’Evangile sous le nom d’Antichrist. Nous aborderons ce sujet en parlant du Messie.

Les principaux points de rencontre entre le Coran et l’Evangile sont les suivants :

1. Le Messie

2. La Vierge Marie

3. La Table Céleste

4. L’Esprit

1. Le Messie [Retour]

La première et grande vérité révélée par le Coran aux Arabes est l’existence d’un seul Dieu.

La deuxième vérité fondamentale est que Jésus est vraiment le Messie envoyé par Dieu et annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament. Comme déjà mentionné, c’est la révélation de cette vérité par le Coran qui irrita les Juifs et les empêcha de porter leur appui au Coran. Car en reconnaissant le Coran ils auraient dû renoncer à l’attente d’un Messie sioniste.

Voici les versets coraniques qui confirment que Jésus est le Messie, le Prophète de Dieu, la Parole de Dieu et l’Esprit de Dieu :

-Ô Marie : Dieu t’annonce la bonne Nouvelle d’un Verbe émanant de Lui : Son nom est le Messie Jésus Fils de Marie…"(Coran III ; la Famille d’Imram, 45).

-"…et parce qu’ils (les Juifs) ont dit : nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu…" (Coran IV ; les Femmes, 157).

-"Le Messie, Jésus, Fils de Marie est le Prophète de Dieu, sa Parole qu’Il a jetée en Marie, un Esprit émanant de Lui." (Coran IV ; les Femmes, 171).

-"Dis : Qui donc pourrait s’opposer à Dieu, s’Il voulait anéantir le Messie fils de Marie, ainsi que sa Mère…" (Coran V ; la Table, 17).

-"Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines comme seigneurs, sans Dieu et le Messie, le fils de Marie…" (Coran IX ; le Repentir, 31).

Si les Juifs acceptaient le messianisme de Jésus, ils n'attendraient plus leur Messie sioniste et, par conséquent, devraient renoncer du coup au sionisme et à l'Etat d'Israël qui incarne les thèses sionistes. Les Juifs ont rejeté Jésus comme Messie parce qu'il condamnait l'établissement d'une entité politique au nom du judaïsme. Il refusa d'être roi temporel d'un royaume israélien, comme St Jean le rapporte dans son Evangile au chapitre 6,14-15. Jésus enseigna encore que le royaume de Dieu était à l'intérieur de l'homme (Luc 17,20-21), non à l'extérieur dans le monde politique comme le croyaient tous les Juifs de son époque et le croient encore ceux d'aujourd'hui.

Douze siècles avant Jésus, Gédéon avait, lui aussi, décliné la royauté (Juges 8,22-23). Par la suite, le Prophète Samuel avait annoncé le rejet par Dieu d’un Etat israélien (1Samuel 8). Mais les Juifs, de longue date, avaient aspiré à un empire sioniste par le truchement d’un royaume israélien. Ils ont ignoré les commandements de Dieu et sa volonté proclamés par le Prophète Samuel.(1 Samuel 8,19).

En refusant l’établissement d’un Etat israélien, le Messie révèle le but spirituel, non politique de la religion juive et de toute religion. Ceci n’exclut pas l’exercice d’une activité politique par des croyants. Au contraire, il est préférable que des croyants prennent les rênes du pouvoir afin d’instaurer des réformes sociales et morales au service de la société. Mais politiser le spirituel en créant, au nom de la religion, un nouvel Etat, comme le veulent les Juifs, est contraire au plan de Dieu. Car Dieu est pour les croyants, mais l’Etat est pour tous, croyants et incroyants et, comme dit le Coran : "Pas de contrainte en religion" (Coran II ; La Vache, 256).

La foi en Jésus comme Messie est le sommet de l’enseignement évangélique :

-"Nul ne peut dire : "Jésus est Seigneur" (c.-à-d. qu’il est le Messie), que sous l’action de l’Esprit Saint" (1 Corinthiens 12,3).

-"Quiconque croit que Jésus est le Messie, est né de Dieu" (1 Jean 5,1).

Le Messie Lui-même avait dit aux Juifs qui complotaient contre lui :

"Si vous ne croyez pas que Je suis (le Messie), vous mourrez dans vos péchés" (Jean 8,24).

Il y a lieu de relever un autre verset coranique témoignant de Jésus comme le Messie attendu :

"Ils  ont pris leurs docteurs (les rabbins juifs) et leurs moines (les moines chrétiens) ainsi que le Messie, fils de Marie, comme seigneurs, au lieu de Dieu. Mais ils n'ont reçu l'ordre que d'adorer un Dieu unique. Il n'y a de Dieu que lui ! " (Coran IX; Le Repentir 31).

 Ce verset, qui témoigne que Jésus, le "fils de Marie" est le Messie, est souvent mal interprêté par certains qui y voient une négation de la divinité du Messie. Tel n'est pas l'intention du Coran qui se présente comme confirmant l'inspiration évangélique (Coran lV, Les Femmes, 47). Or, l'Evangile révèle la divinité incarnée en la personne de Jésus. (Voir chapitre II : "Les Points de Litige", article 3 : "La divinité du Messie"). Il ne faut donc pas prendre comme Seigneur et Dieu le Fils de Marie AU LIEU de Dieu, mais EN TANT que Dieu incarné annoncé par les prophéties bibliques. Autrement l'on adorerait deux dieux indépendants l'un de l'autre : Dieu d'une part et le Messie d'une autre quand "ils n'ont reçu l'ordre que d'adorer un Dieu unique" . A noter que le mot "seigneurs" est mis au pluriel indiquant un polythéisme. Cette subtilité n'est pas perçue par tous les interprètes du Coran qui ne se sont pas donnés la peine d'interprèter par "le meilleur des arguments" comme le prescrit le Coran au chapitre XXIX, L'Araignée, 46.

Par ailleurs, l’Inspiration évangélique nous met en garde contre l’apparition du faux messie sioniste appelé l’Antichrist par St Jean :

"Vous avez entendu dire qu’un Antichrist doit venir. Celui qui nie que Jésus est le Christ : le voilà l’Antichrist" (1 Jean 2,18-22).

Nous savons que seuls les Juifs incrédules nient que Jésus est le Messie, particulièrement les Sionistes.

Que conclure de ces paroles évangéliques ?

1) Muhammad, en reconnaissant Jésus com-me Messie est inspiré par l’Esprit Saint et il "est né de Dieu".

2) Tous ceux qui nient que Jésus est le Messie, c’est-à-dire les Juifs qui le refusent et attendent un autre messie, forment ensemble la personne morale de l’Antichrist. En somme, l’Etat moderne d’Israël incarne les puissances de l’Antichrist.

L’Inspiration évangélique révèle que Jésus anéantira lui-même l’Antichrist quand ce dernier apparaîtra. Selon St Paul (2 Thessaloniciens 2,3-12), l’Avènement du Messie sera précédé de l’apparition de "l’Homme Impie", de "l’Ennemi", que le Messie, Jésus, anéantira par la splendeur de sa venue. L’impiété annoncée par St Paul est le comportement sioniste et raciste, Dieu étant universel, non raciste. "L’Homme Impie", le "Fils de la Perdition" et "l’Ennemi" dont parle St Paul, est l’homme sioniste, ennemi de Dieu et de l’humanité. Sa concrétisation est l’Etat antichrist d’Israël. Cet Etat est le cœur battant de l’esprit du mal qui refuse Jésus.

Par le passé, les Juifs sionistes ont travaillé secrètement pour fonder l’Etat d’Israël. A présent, l’apparition de cet Etat leur permet de s’activer ouvertement et avec plus de puissance qu’autrefois pour étendre leur influence. Aujourd’hui, cette puissance antichrist est armée par des alliés qui prétendent être disciples de Jésus. En cela réside la séduction et la trahison de la fin des temps prédites par l’Evangile (Matthieu 24).

Le Prophète Muhammad a parlé dans ses "Nobles Discussions" de l’apparition de cette force d’impiété en disant que l’Antichrist aura inscrit sur son front, trois lettres "K. F. R." Ces lettres en arabe forment le mot "Kufr" qui signifie impiété ou blasphème. Il spécifia même que cette force émanait des Juifs. Dans l’Inspiration évangélique nous retrouvons ces mêmes blasphèmes inscrits sur la tête de la "Bête" apocalyptique :

a)Il fut donné à cette bête "de proférer des paroles d'orgueil et de blasphème" (Apoc 13, 5).

b)"Je vis... une Bête écarlate, couverte de titres blasphématoires… sur son front un nom était inscrit : MYSTERE" (Apoc 17, 1-5). Voir le texte : La Clé de l'Apocalypse.

Le Prophète Muhammad a également souligné dans ses "Nobles Discussions" que, lors de l’apparition de l’Antichrist, Jésus et ses élus se lèveront pour le combattre et le détruire. Les disciples de Jésus aujourd’hui, selon l’intention de l’Inspiration et des prophéties divines, ne sont pas les Chrétiens traditionnels qui collaborent avec Israël et le soutiennent. Ce soutien chrétien à Israël a également été prophétisé, car selon l’Evangile, l’Antichrist séducteur parviendra à séduire les faux disciples de Jésus (Mat 24). De nos jours, les vrais croyants sont les assoiffés de Justice, qui subissent le poids de l’iniquité sioniste, résistant à Israël et au sionisme international.

Selon les prophéties évangéliques et celles du Prophète Muhammad, l’Etat d’Israël disparaîtra. Sa chute sera le symbole de la faillite du sionisme et de toute mentalité matérialiste équivalente. Par cet événement, beaucoup réaliseront que Jésus est vraiment le Messie et que son Royaume est bien établi sur terre selon l’annonce des prophètes.

 2. La Vierge Marie [Retour]

 Le Coran contient les plus beaux versets à propos de la Vierge Marie. Il place la Mère du Messie au plus haut sommet de la sainteté :

"Les anges dirent : Ô Marie ! Dieu t’a choisie en vérité : Il t’a purifiée, Il t’a choisie entre toutes les femmes de l’univers"(Coran III ; Famille d’Imran, 42).

Ce témoignage condamne les Juifs qui, comme le révèle le Coran, ont inventé contre Marie des calomnies atroces (Coran IV ; les Femmes, 155). Dieu, dans l’Inspiration coranique, atteste ce qu’il a inspiré dans l’Evangile à propos de Marie :

"Tu es bénie entre toutes les femmes" (Luc 1,42).

Le Coran révèle également l’exceptionnelle pureté de Marie et sa Conception Immaculée ainsi que celle de Jésus. Dans le verset suivant, la femme d’Imran, c’est-à-dire la mère de Marie (la Famille d’Imran sont les parents de Marie) dit :

"Seigneur, je T’ai voué le fruit de mon sein : agrée-le car Tu entends et connais tout. Lorsqu’elle eut enfanté, elle dit : Seigneur, j’ai mis au monde une fille et je l’ai nommée Mariam (Marie) je la mets sous Ta protection, elle et sa postérité (Jésus), afin que Tu les préserves des ruses de Satan"(Coran III ; Famille d’Imran, 35-36).

Dieu écouta la prière de la mère de Marie et exauça son vœu : Marie et Jésus furent seuls protégés du démon, ainsi que le rapporte Muhammad dans ses "Nobles Discussions":

"Nul homme ne naît sans que le diable l’atteigne dès sa naissance et il crie à cause de cette atteinte satanique (tare du péché originel), à l’exception de Marie et de son fils".

Ce verset des "Nobles Discussions" est rapporté dans l’interprétation du "Jalalein" du verset 35 de la Sourate de la Famille d’Imran. Ces paroles, acceptées par tout le monde musulman, sont une reconnaissance de l’Immaculée Conception de Marie.

Par ces propos, le Prophète Muhammad nous apprend que tout homme, y compris les Prophètes et lui-même, naissent avec cette tare, à l’exception de l’Immaculée Marie et, naturellement, de son Fils.

 3. La Table Céleste [Retour]

 Le Coran nous révèle que Dieu fit descendre du Ciel une "Table" servie pour nourrir les Apôtres de Jésus. Cette nourriture céleste est un point commun entre la Bible et le Coran, un point ignoré de la grande majorité des croyants. Il s’agit de la communion au Corps et au Sang du Messie, Table spirituelle de Dieu. En effet, le Coran rapporte pédagogiquement, sous une forme imagée et condensée, le dernier Repas pascal que Jésus eut avec ses Apôtres et au cours duquel Il institua le Repas spirituel par son Corps et son Sang. Ce fait est rapporté par le Coran de manière subtile, en respectant l’ignorance du monde arabe d’alors du message évangélique :

"Les Apôtres dirent : Ô Jésus fils de Marie, Ton Seigneur peut-Il faire descendre du Ciel sur nous une Table (servie) ? Il dit : Craignez Dieu si vous êtes croyants. Ils dirent : Nous voulons en manger et avoir nos cœurs rassurés, savoir que Tu nous as dit la vérité, et en être les témoins (témoins de la Table). Jésus fils de Marie dit : Ô Dieu notre Seigneur, fais descendre sur nous du Ciel une Table (servie). Elle sera pour nous une fête -pour le premier et le dernier des nôtres- et un Signe de Toi et entretiens-nous (nourris-nous), Toi, le meilleur des nourriciers. Dieu dit: Je la fais descendre sur vous. Celui donc parmi vous qui sera incrédule après cela, Je le ferai souffrir d’une souffrance dont Je n’ai encore fait souffrir personne de par les mondes" (Coran V ; La Table, 112-115).

En quoi consiste cette Table (servie) descendue du Ciel ? Il est important d’en connaître la vraie nature puisque les Apôtres s’engagèrent à "en être témoins". De plus, ce témoignage doit durer jusqu’au dernier croyant sur Terre, puisque Jésus réclame cette table de Dieu afin qu’Elle soit "une fête pour le premier et le dernier d’entre nous". Alors Dieu La fit descendre menaçant les incrédules du plus dur des châtiments.

Certains interprètes voient dans cette Table une nourriture matérielle constituée de poissons. Ils confondent ainsi entre le miracle matériel de la multiplication des pains et des poissons opéré par Jésus et rapporté par l’Evangile (Jean 6), et le miracle du Repas Spirituel, celui de la Table spirituelle "qui descend du Ciel" révélé par le Coran.

L’Evangile rapporte, au chapitre 6 de St Jean, les paroles du Messie à propos de ce Repas spirituel. Il avait dit que "sa chair et son sang" étaient une nourriture et un breuvage spirituels qui donnaient "la Vie éternelle" aux croyants. Beaucoup de ses disciples, en écoutant ces paroles, les trouvèrent "trop fortes" et s’éloignèrent de Lui (Jean 6,48-66). Aujourd'hui encore beaucoup de "croyants" refusent ces paroles et se demandent "comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger?" (Jean 6,52).

Les Juifs, après des siècles de préparations, n’ont pu comprendre Jésus. Beaucoup de prétendus Chrétiens, aujourd’hui encore, ne saisissent pas le sens profond de ses paroles. Comment alors expliquer ce Repas Spirituel, cette Table servie, aux Arabes de la péninsule Arabique qui ignoraient tout de la Bible ? Le Coran se devait donc de présenter le message biblique par insinuations et paraboles afin de susciter chez les Arabes épris de vérité, une sainte curiosité aboutissant à la recherche du sens profond de ce message dans l’Evangile. Là, ils trouveront la plénitude de la lumière concernant le mystère de la Table coranique qui descend du Ciel.

Certains interprètes prétendent que cette Table servie n’a pas encore été envoyée par Dieu. Ceci ne correspond pas aux paroles coraniques : "Dieu dit : Je La fais descendre sur vous". Dieu l’a donc déjà faite descendre sur les Apôtres autrefois, menaçant même les incrédules d’une souffrance inégalée. En outre, Jésus La demanda à Dieu pour qu’en témoignent "le premier et le dernier" des croyants. Les premiers Apôtres y avaient donc déjà participé. Elle doit demeurer jusqu’à la fin des temps, pour qu’en témoignent les derniers croyants sur Terre.

Le Messie donna aux Apôtres cette "Table servie" qui descend du Ciel. Elle est ce "Pain de vie qui descend du Ciel" (Jean 6,32-36). Jésus donna ce Pain du Ciel un an après en avoir parlé. Cela se passa durant le dernier Repas pascal qu’Il eut avec ses Apôtres, quand, prenant du pain, Il le leur donna en disant :

"Prenez et mangez ceci est mon Corps livré pour vous. Puis prenant une coupe Il la leur présenta en disant : Buvez en tous, ceci est mon Sang, le Sang de la Nouvelle Alliance, versé pour vous et pour beaucoup, pour la rémission des péchés"(Matthieu 26,26-29).

C’est alors que les Apôtres, et les croyants après eux, comprirent comment le Messie se donne à eux comme nourriture et boisson. Le Repas, la Table servie, que le Messie vivant offre au "premier et au dernier" croyant est l’Esprit Saint. Celui-ci demeure dans le cœur des croyants par ce Pain qu’ils mangent et ce Vin qu’ils boivent.

Cette Boisson céleste est celle mentionnée dans le Coran au chapitre Les Fraudeurs : ceux qui boivent de ce Vin rare sont les purs, les élus de Dieu, et ceux qui refusent d’en boire sont les damnés. Le Coran révèle en effet :

"Les purs sont dans le bonheur ; étendus sur leur couche, ils observent tout autour d’eux. L’on reconnaît sur leur visage l’éclat du bonheur. Ils sont abreuvés d’un vin cacheté, son cachet est de musc et c’est là que doivent entrer en compétition les compétiteurs. Son mélange est l’eau de Tasnîm, une source céleste à laquelle s’abreuve les rapprochés de Dieu. Les criminels (ceux qui refusent d’en boire) se moquaient de ceux qui ont cru…"(Coran LXXXIII ; Les Fraudeurs, 22-29).

Le Coran, en offrant aux croyants ce mystérieux "Vin scellé", témoigne en faveur des paroles de Jésus dans l’Evangile de Jean à propos du pain scellé, la nourriture marquée par Dieu, qui descend du Ciel, à savoir Jésus Lui-même, "car c’est Lui que le Père, Dieu, a marqué (scellé) de son sceau" (Jean 6,27). Cette nourriture céleste se trouve dans la Pain et le Vin qui sont généreusement servis sur la Table Céleste de Dieu aui descend continuelle,ent du Ciel.

Rappelons ce que Jésus dit au chapitre de la Table (servie) :

"Ô Dieu Notre Seigneur, fais descendre sur nous du Ciel une Table (servie), elle sera pour nous une fête, pour le premier et le dernier des nôtres"(Coran V ; La Table, 114).

Ceci signifie que la Table descendue ne le fut pas pour les Apôtres seulement ; elle continue de descendre tous les jours, et en tout lieu, pour être une fête "pour le premier et le dernier", donc pour les croyants de tous les lieux jusqu’au dernier croyant, jusqu’au jour de la Résurrection et Elle témoignera éternellement devant Dieu en faveur de ceux qui auront témoigné pour Elle sur Terre.

La Table servie et ce Vin divin qui descendent du Ciel, ont pour but de séparer l’humanité en deux : d’une part les élus de Dieu, ceux qui se nourrissent de cette Table, et de l’autre les damnés qui refusent de s’en nourrir et se moquent de ceux qui y croient.

Enfin, il faut signaler un fait de la plus haute importance, à savoir que le divin Coran incite les croyants à entrer en compétition vers cette Boisson mystérieuse qui descend du Ciel(Coran LXXXIII ; Les Fraudeurs, 26). Celle-ci diffère totalement des boissons alcoolisées du monde d’ici-bas. Que tous ceux qui refusent ce Vin divin, s’arment donc de Sagesse. Que ceux qui se moquent des croyants qui s’y précipitent en "compétition", se ressaisissent avant qu’il ne soit, pour eux, trop tard.

 4. L'Esprit [Retour]

 Le monde islamique n’a de l’"Esprit" qu’une notion vague. Ce mot revient souvent dans le Coran sans que son essence ne soit clarifiée. Les croyants sont ainsi portés à se demander ce que signifie exactement ce mot. Nous trouvons dans le chapitre XVII, Le Voyage Nocturne, 85 :

"Ils t’interrogent au sujet de l’Esprit. Dis : l’Esprit est l’affaire de mon Seigneur. Et vous n’avez reçu (dans le Coran) que peu de science".

C’est d’après une sagesse divine que le Coran cache aux Musulmans ce qu’est l’Esprit. Dieu a voulu que Sa Révélation coranique soit une porte ouverte et un passage vers la Bible, comme Il a voulu que le Coran soit un témoin attestant la véracité de la Révélation biblique, comme expliqué auparavant.

Dans le Coran, la question de l’Esprit est similaire à celle de la "Table" que Dieu fit descendre du Ciel sur les Apôtres. Le croyant ne peut en comprendre la signification qu’en ayant recours à la Bible. En effet, le Coran lui-même incite le croyant à consulter la Bible et les gens de la Bible. Nous lisons dans le chapitre "Jonas" :

"Si donc tu es en doute sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge alors ceux qui dès avant toi lisent le Livre (Bible). Certes la Vérité t’est venue de ton Seigneur, ne sois donc point dans le doute" (Coran X ; Jonas, 94).

Le Coran paraît ainsi un passage vers la Bible. Là, les croyants trouveront l’éclaircissement de ce qui a été partiellement révélé dans le Coran. Ce dernier, en effet, déclare clairement qu’il n’offre aux Arabes, ignorant à l’époque, qu’une partie de la science seulement, voire "peu de science" dont le complément se trouve dans la Bible :

"Vous n’avez reçu (dans le Coran) que peu de science" (Coran XVII ; Le Voyage Nocturne, 85).

Ceux qui dénigrent la Bible font partie de "ceux qui doutent" (Coran X ; Jonas, 94). Mais le croyant qui se veut ouvert à l’ensemble de la Révélation divine trouvera dans la Révélation biblique la réponse à la signification du mot "Esprit" : c’est l’Esprit Saint de Dieu, Dieu lui-même qui envoya son Esprit éternel aux prophètes depuis Abraham, puis s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie comme Dieu le révéla dans la Bible et le Coran.

L’Evangile rapporte en effet :

"…Marie dit à l’ange : "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ?" L’ange lui répondit : "L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’Être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu" (Luc 1,34-35).

De même, nous lisons dans le Coran :

-"Le Messie fils de Marie est l’Envoyé de Dieu et Sa Parole jetée en Marie et un Esprit émanant de Lui" (Coran IV ; Les Femmes, 171).

-"Puis elle (Marie) mit entre elle et eux un voile. Puis Nous lui envoyâmes Notre Esprit qui prit pour elle la forme d’un homme parfait" (Coran XIX ; Marie, 17).

CHAPITRE IV

 Invitation à la réflexion [Retour]

 Ce dernier chapitre invite le lecteur à réfléchir sur deux points :

1. La lettre d'invitation à la foi adressée par Muhammad à l'empereur Héracle.

2. L'accueil réservé par le Négus d'Ethiopie aux Musulmans venus se réfugier chez lui après leur fuite de La Mecque.

 1. La lettre à Héracle [Retour]

 Voici la traduction de cette lettre :

"Au nom du Dieu miséricordieux. De Muhammad, serviteur de Dieu à Héracle, le Grand Roi des byzantins, salut à ceux qui suivent la bonne orientation. Maintenant je t’invite à recevoir le message de l’Islam. Accepte l’Islam, tu seras sauvé et Dieu te donnera une double récompense. Si tu refuses, l’impiété des ariens sera sur toi. Ô gens du Livre, venez, discutons et soyons d’accord sur le fait que nous n’adorons qu’un seul Dieu sans lui associer rien d’autre, et sans proclamer parmi nous des seigneurs à part Dieu. Si vous acceptez dites : Témoignez que nous sommes musulmans".

Deux points nous intéressent dans cette lettre :

 a) La double récompense [Retour]

 Le Prophète Muhammad assure à Héracle une "double récompense" de la part de Dieu s’il croit en son message. Le Prophète répète ici cette double récompense promise par Dieu aux Chrétiens qui avaient proclamé leur foi en l’Islam en disant: "Nous sommes musulmans avant Lui (le Coran)". Dieu leur répond dans le Coran : "Ceux-ci recevront une double récompense" (Coran XXVIII ; Le Récit, 53-54). La première récompense découle de leur foi au Messie et à l’Evangile, la deuxième résulte de leur foi au Coran qui témoigne en faveur de la Bible et de l’Evangile.

Quelle doit être l’attitude des Chrétiens d’aujourd’hui qui croient en l’Evangile et au Coran ? Selon le Prophète Muhammad -et contrairement à l’avis de beaucoup de Musulmans traditionnels- ils ne doivent renoncer à aucun enseignement évangélique, Muhammad leur demandant uniquement de dire : "Nous sommes musulmans" (c.-à-d. soumis à Dieu). Selon la Sourate du Récit, citée ci-dessus, ceux-ci étaient déjà musulmans, soumis à Dieu, avant le Coran.

Quand le Négus d’Ethiopie, en compagnie des patriarches coptes, écouta pour la première fois le message musulman, les patriarches s’exclamèrent: "Mais ces paroles proviennent de la même source que les paroles de notre Seigneur Jésus, le Messie".

Pareillement, le Coran témoigne que l’Islam préexistait à la révélation coranique :

"Jésus s’aperçut de leur incrédulité (des Juifs). Il s’écria : Qui m’assistera en faveur de Dieu ? Nous, répondirent les Apôtres, nous sommes pour Dieu. Nous avons cru en Dieu. Témoigne que nous sommes musulmans (soumis)"(Coran III ; La Famille d’Imran, 52).

Et Dieu dit dans un autre verset :

"J’ai dit aux Apôtres : Croyez en Moi et en mon Envoyé (Jésus), ils répondirent : Nous croyons ! Témoigne que nous sommes musulmans"(Coran V ; La Table, 111).

Ainsi, dans le concept coranique, les Apôtres de Jésus étaient déjà musulmans avant l’Islam, et quiconque croit que Jésus est le Messie est déjà musulman, "soumis" à Dieu en acceptant l’Evangile.

Après la venue du Prophète Muhammad confirmant l’Evangile, ceux qui nient Muhammad nient l’Evangile et ceux qui croient en Muhammad témoignent avec lui de l’authenticité de l’Evangile et obtiennent un "double salaire". De même, le Musulman qui croit au Coran et à Muhammad, s’il se soumet à l’Evangile aussi dans son texte actuel, il en témoigne avec le Coran. Mais s’il renie l’Evangile, il cesse d’être musulman. Il devient ainsi un faux témoin de l’Evangile et du Coran et l’impiété des ariens l’atteint.

 b) L'impiété des ariens [Retour]

 Le deuxième point digne d’intérêt dans cette lettre est la mention de l’impiété "arienne", connue en Occident sous le nom d’"arianisme". L’arianisme est apparu à Alexandrie au IIIe siècle après Jésus-Christ. Un prêtre chrétien nommé Arius nia la divinité du Messie et eut beaucoup de disciples connus sous le nom d’ariens (à ne pas confondre avec la race aryenne). Le concile de Nicée tenu en 325 après Jésus-Christ, condamna l’arianisme. Cette hérésie, bien connue dans l’histoire du christianisme, persista longtemps après le concile de Nicée. Elle se répandit en Orient jusqu’au temps du Prophète Muhammad, et même par la suite.

En mentionnant cette impiété, Muhammad témoigne d’une sagesse et d’une intelligence qui frappent tout esprit avisé. Car le Prophète certifie ainsi, à partir de son milieu arabe et désertique, que les décisions du concile de Nicée, condamnant l’arianisme, sont justifiées et qu’il les approuve pleinement. Or, cette impiété était la négation de la divinité de Jésus et de la Trinité Divine. N’est-ce pas là une reconnaissance implicite de la part de Muhammad de ces deux Vérités divines ?

 2. Le refuge des musulmans en Ethiopie [Retour]

 Les Musulmans se réfugièrent en Ethiopie en deux groupes successifs. Lorsque le premier groupe arriva en Ethiopie, la tribu de Bani-Quraish de La Mecque, farouche ennemie de Muhammad, envoya deux messagers, Amru Ibn-El-Ass -qui ultérieurement devint musulman- et Abdallah Ibn-Abi-Rabiah, à leur suite, avec de précieux cadeaux à offrir au Négus "Ahmassa", réclamant l’extradition des réfugiés musulmans. Ils les accusèrent d’être malintentionnés, d’avoir quitté la religion de leur peuple et de s’opposer à la religion du Négus. Ils avaient, prétendirent-ils inventé une religion inconnue, contraire à celle du Négus et des Arabes.

Le Négus refusa de livrer les réfugiés avant de les avoir entendus. L’un d’entre eux, nommé Jaafar Ibn-Abi-Taleb, prit donc la parole en présence du Négus et des patriarches éthiopiens :

"Ô Roi, nous étions un peuple ignorant qui adorait les idoles jusqu’à ce que Dieu nous ait envoyé un Prophète dont nous connaissons l’origine, l’honnêteté et la fidélité. Il nous a invités à croire en Dieu et à l’adorer".

Le Négus répondit : "Peux-tu nous lire un texte écrit par cet homme de la part de Dieu ?"

Jaafar répondit : "Oui" et il lui récita tout le chapitre coranique de Marie jusqu’au verset où Jésus dit : "La Paix est sur Moi le jour où Je naquis, et le jour où Je mourrai, et le jour où Je serai ressuscité" (Coran XIX ; Marie, 33).

Quand les patriarches entendirent ces versets, ils dirent : "Mais ces paroles proviennent de la même source que les paroles de notre Seigneur Jésus, le Messie".

Et le Négus de confirmer cela en disant aux deux messagers : "Les paroles de ces gens-là et les paroles de Moïse émanent d’une même source. Partez, au Nom de Dieu, je ne vous livrerai point ces gens".

Mais les deux messagers ne renoncèrent point à leur projet. Ils revinrent dire au Négus : "Les Musulmans tiennent de mauvais propos sur Jésus, fils de Marie. Envoie-les chercher et interroge-les à ce sujet". Quand ils furent arrivés devant le Négus, Jaafar lui répondit : "Nous disons ce que notre Prophète nous a enseigné : Jésus est le Serviteur de Dieu, son Envoyé, son Esprit et sa Parole envoyée à la Vierge Marie". Ces Musulmans avaient donc compris que Jésus seul était l’Esprit et la Parole de Dieu.

Quand le Négus entendit cela, il prit un bâton et traça une ligne par terre en disant : "Entre vous et nous il n’y a que cette ligne de séparation".

Si le Négus avait connu personnellement Muhammad et entendu ses enseignements de sa propre bouche, et si les deux messagers de La Mecque n’avaient pas envenimé l’atmosphère, le Négus n’aurait certainement pas tracé cette ligne entre les croyants. Le Prophète Muhammad n’a jamais imaginé ni voulu pareille ligne de séparation. N’avait-il pas été, lui le Prophète, inspiré à dire aux gens du Livre : "Notre Dieu et votre Dieu est Un" (Coran XXIX; L’Araignée, 46). Où est-elle donc cette ligne dans la mentalité de Muhammad ? Elle est inexistante.

Il est temps à présent, pour tout croyant mûr dans la foi, de dépasser les lignes et les obstacles artificiels érigés durant des siècles par le fanatisme humain. Le moment est venu pour que le croyant retrouve et embrasse son frère croyant.

Il n’y a plus de Musulmans, il n’y a plus de Chrétiens. Nous sommes tous Chrétiens et nous sommes tous Musulmans, à condition toutefois de dépasser la lettre pour nous étreindre dans l’Esprit et l’Intention de Dieu. "Jugeons par nous mêmes de ce qui est juste" comme le recommande le Messie (Luc 12,57). Telle est "la Voie Droite" du Coran.

Soyons des Croyants Indépendants !

CONCLUSION [Retour]

 Pourquoi ai-je appelé ce livre "Regard de foi sur le Coran?"

La raison est simple : aux yeux des hommes, je suis chrétien et, à leurs avis, un Chrétien ne croit pas au Coran. Pourtant mon christianisme est plus fidèle à l’Islam que ne le sont beaucoup de Musulmans. Le Coran et son digne Prophète Muhammad témoignent en ma faveur et m’octroient un double salaire.

Le Coran, comme la Bible, n’est le monopole de personne. Il est une Inspiration divine adressée à tous ceux qui aiment la Vie spirituelle et aspirent à sublimer leurs pensées pour s’asseoir auprès du Créateur, en Sa compagnie et vivre éternellement de Son Souffle vivifiant.

Je crois en Dieu, en Abraham, en Jésus, le Messie de Dieu et en Muhammad, le Prophète de Dieu. Je suis un croyant indépendant. Je ne suis ni juif, ni chrétien, ni musulman. Et pourtant je suis juif, chrétien et musulman. Car je crois qu’il n’y a que deux communautés, pas de troisième : la communauté des croyants bénis et la communauté des fanatiques bannis, appartenant à tous les peuples, nations et religions.

Aussi, je conclus par ce verset coranique lumineux de la Sourate III ; La Famille d’Imran, 199 :

"Il y a parmi les gens du Livre" -dont je fais partie- "des personnes qui croient en Dieu, à ce qui vous a été révélé (Coran), et à ce qui leur a été révélé (Bible). Humbles devant Dieu, ils n’ont pas vendu à vil prix les Signes de Dieu. Ceux-là ont leur récompense auprès de leur Seigneur".
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